Jimmy Carter: "Le blocus de Gaza est un crime et une atrocité"
L'ancien président américain Jimmy Carter a qualifié de crime et d'atrocité le blocus de la bande de Gaza, ajoutant que les tentatives de Washington pour affaiblir le Hamas se révélaient contre-productives.
Prenant la parole à l'Université américaine du Caire après des entretiens avec des responsables du Hamas venus de Gaza, Carter a dit que les Palestiniens de la bande côtière étaient réduits à "mourir de faim" et recevaient moins de calories par jour que les habitants des régions les plus pauvres d'Afrique.
"C'est une atrocité qui est perpétrée en guise de châtiment contre la population de Gaza, c'est un crime (...) J'estime que c'est une abomination que cela continue", a-t-il déclaré. Lire la suite en note longue.
Jimmy Carter est un humaniste et un pacifiste actif. Il est philo-sémite par conviction religieuse. Il est le seul, lorsqu'il était président des Etats Unis, à avoir réussi à faire signer la paix entre Israël et un de ses voisins à force d'une ténacité exemplaire. Il a reçu le prix Nobel de la paix en 2002 et entend donner sens à cette disctinction.
Aujourd'hui il est encore toujours militant pour la paix dans cette région. Il explique que le Hamas est incontournable ce qui a provoqué l'ire d'Israël. Pourtant, on ne peut faire la paix qu'avec ses ennemis et quand ils sont encore vivants.
Il subit la réprobation de GW Bushe et des néo-conservateurs américains résolument et exclusivement sionistes. Les embrassades publiques du président palestinien Mahmoud Abbas ne sont qu'hypocrisie et tromperie. Bush sacrifient les droits des Palestiniens au profit d'Israël.
Cette semaine il s'est vu interdire l'accès à Gaza par la puissance occupante parce que, ajoutant le geste à la parole, il a décidé de rencontrer aujourd'hui le chef du Hamas résidant en Syrie. L'accès à Gaza est de toute façon interdit en ce moment pour cause d'opérations militaires : crimes de guerre. Il est en permanence restreint car il ne faut pas que les étrangers voient ce qui s'y passe.
Au moment où Aimé Césaire meurt, on se sent bien d'entendre la voix de Jimmy Carter. Elle est précieuse quand en France aucune voix politique n'ose affronter la colère d'Israël.
Jimmy Carter: "Le blocus de Gaza est un crime et une atrocité"
( Vendredi, 18 avril 2008 )
L'ancien président américain Jimmy Carter a qualifié de crime et d'atrocité le blocus de la bande de Gaza, ajoutant que les tentatives de Washington pour affaiblir le Hamas se révélaient contre-productives.
Prenant la parole à l'Université américaine du Caire après des entretiens avec des responsables du Hamas venus de Gaza, Carter a dit que les Palestiniens de la bande côtière étaient réduits à "mourir de faim" et recevaient moins de calories par jour que les habitants des régions les plus pauvres d'Afrique.
"C'est une atrocité qui est perpétrée en guise de châtiment contre la population de Gaza, c'est un crime (...) J'estime que c'est une abomination que cela continue", a-t-il déclaré.
Israël impose le plus clair du temps un blocus à Gaza depuis la prise de contrôle du territoire par le Hamas en juin dernier, en ne laissant y entrer que des produits de première nécessité.
Carter a estimé qu'Israël et Washington cherchaient à rendre les conditions de vie à Gaza nettement pires qu'en Cisjordanie, où est installé le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas.
"Politiquement parlant, je crois que cela a même contribué à renforcer la popularité du Hamas au détriment de celle du Fatah", a-t-il ajouté en faisant ainsi allusion au fait que les Etats-Unis souhaitent parvenir au résultat opposé.
L'ex-président a noté que les dirigeants du Hamas qu'il avait rencontrés se disaient prêts à accepter un accord de paix avec Israël négocié par Abbas à condition que les Palestiniens l'entérinent par référendum.
Israël et Washington, qui considèrent le Hamas comme une organisation terroriste, refusent de traiter avec lui tant qu'il ne reconnaît pas le droit d'Israel à l'existence et ne renonce pas à la violence.
"L'une des raisons pour lesquelles j'ai tenu à venir rencontrer les Syriens et le Hamas était de donner un exemple que d'autres pourraient suivre (...) Je sais qu'il y a au gouvernement israélien des responsables tout à fait disposés à rencontrer le Hamas, ce qui arrivera peut-être dans un proche avenir", a-t-il encore dit.
Ni l'ancien ministre palestinien des Affaires étrangères, Mahmoud al Zahar, ni Saïd Seyam, qui fut un temps ministre de l'Intérieur dans le
gouvernement palestinien d'union nationale, n'ont fait de déclaration après avoir rencontré l'ancien président démocrate au Caire.
C'est la deuxième fois en 72 heures que Carter s'entretenait avec des représentants du Hamas. Zahar et Seyam se sont rendus mercredi au Caire, les autorités israéliennes ayant refusé d'autoriser Carter à se rendre à Gaza à partir du sol israélien.
Carter a déjà rencontré un représentant du Hamas en Cisjordanie et l'on s'attend à ce qu'il ait un entretien à Damas avec le chef du Hamas,
Khaled Mechaal.
Dans la journée de jeudi, Carter avait été reçu par le président égyptien Hosni Moubarak. Rien n'a filtré de leurs discussions.
( Vendredi, 18 avril 2008 - Avec les agences de presse )
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