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27.08.2008

Licencié de RFI, Richard Labévière donne une conférence de presse à Beyrouth

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Richard Labèvière rédacteur en chef de RFI, a été licencié pour le motif officiel d'avoir interviewé le président syrien Bachar Al Assad quelques jours avant son arrivée à Paris pour la réunion de l'Union Pour la Méditerranée et les festivités du 14 juillet chers à Nicolas Sarkozy. Un rédcateur en chef n'est-il plus libre de son programme?

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C’est à Beyrouth, face à de nombreuses TV (OTV, Al Manar, Future, Al Jazeera), radios et journalistes de la presse écrite (L’Orient le jour, As Safir, Al Achbar, demain Al Diar, Al Balat....) que s’est exprimé RICHARD LABEVIERE, Rédacteur en chef à Radio France Internationale, licencié pour délit d’opinion le 12 août dernier. Ci -dessous son intervention, dans laquelle il s’élève contre "la volonté d’imposer une lecture et une pensée unique résolument néoconservatrice et pro-israélienne".

"Pourquoi alors une conférence de presse à Beyrouth avant Paris ?

Tout d’abord parce que, paradoxalement, le pluralisme de la presse et la liberté d’expression sont certainement plus grands ici a Beyrouth qu’à Paris. Juste un exemple et je m’en excuse pour les consœurs et confrères de l’Agence France Presse ici présents aujourd’hui, mais la direction de l’AFP à Paris et la direction régionale de l’Agence à Nicosie bloquent, depuis dix jours, quatre dépêches dont un communiqué commun des grands syndicats de journalistes qui dénoncent mon licenciement. Je ne demande pas a l’AFP de me soutenir, mais simplement de faire son travail d agence de presse et de débloquer l’information qui concerne le licenciement d’un rédacteur en chef de l Audiovisuel extérieur de la France.

Par ailleurs, à Paris et en France tout le monde est en vacances du 15 juillet au 1er septembre et rien ne se passe sauf les licenciements d’été qu’on veut cacher à l’opinion.

Je veux ici souligner un fait important : il ne s’agit pas dans cette affaire de l’interview de Bachar al Assad en particulier, et c’est bien là que le mal est pernicieux. Il en aurait été de même pour l’interview de Saad Hariri ou d’Hassan Nasrallah, de Samir Geagea ou de Michel Aoun, d’Hosni Moubarak, de Mahmoud Abbas ou de Khaled Mechal. Ce mal n’est pas en soi la réalisation d’une quelconque interview, mais le choix des patrons de presse qui veulent imposer un journalisme aux ordres, des intervieweurs formatés répondant aux seuls ordres du lobby sioniste. Un journaliste qui reconnait aux Arabes, quels qu’ ils soient et quelles que soient leur sensibilité politique, les mêmes droits qu’aux Israéliens et qu’aux Occidentaux n’a plus droit de cité en France et certainement pas celui d’interviewer un responsable politique arabe quel qu’il soit. Derrière la vitrine d’une presse libre, on assiste en fait à la mise en œuvre d’une entreprise flagrante de désinformation et de manipulation des opinions publiques.

La mise au pas de l’audiovisuel Extérieur de la France, RFI et TV5Monde, France24, c’est déjà fait, par le publicitaire Alain de Pouzilhac et Christine Ockrent-Kouchner, femme du ministre français des affaires étrangères Bernard Kouchner, qui s’inscrivent dans cette volonté d’imposer une lecture et une pensée unique résolument néoconservatrice et pro-israélienne.

C’est ainsi qu’on voudrait nous obliger à dire dans nos commentaires que la capitale d’Israël est Jérusalem, que les colonies sont des implantations, que le mur est une barrière de sécurité et que l’armée israélienne est tellement morale qu’elle ne peut, en aucun cas, tuer des femmes, des enfants, des civils et détruire des infrastructures publiques.

C’est ainsi que ces quatre dernières années, on a vu a RFI, la mise au pas du journal quotidien du Proche Orient jugé trop pro-arabe, en y injectant des revues de presse israéliennes et des intervenants eux-aussi uni dimensionnellement pro- israéliens. Ont ainsi disparu l’ensemble des chroniqueurs et consultants arabes, de même que l’émission le « kiosque arabe », supprimée après la guerre de 2006. Présentée de Beyrouth, cette émission était pourtant la seule du paysage audiovisuel français qui donnait la parole aux Arabes dans toutes leurs composantes et diversités pour un débat contradictoire et une expertise croisée. Elle a été remplacée par une rencontre convenue de correspondants de la presse arabe et israélienne à Paris. Car on veut aussi nous obliger à dire que le monde arabe n’existe pas en dehors de la seule lecture israélienne.

Je ne suis pas dans la resignation. Je suis un homme et un journaliste en colere, parce qu’aujourd hui en France, dans ce pays que j’aime tellement, être qualifie de journaliste pro-arabe ou pro-palestinien est devenu un délit d’opinion, un crime pouvant justifier toutes les mises a mort professionnelle.

J’ai une autre idee et une autre mémoire de l’histoire de mon pays, qui s’inscrit dans l’heritage de Robespierre, de la revolution francaise, de Jean Moulin et du Conseil national de la resistance CNR, de l’independance nationale et de la liberté."

Richard Labévière Conférence de presse à Beyrouth le 26 août"  Source www.europalestine.org

Commentaires

Bravo, Richard Labévière,


Vous n'êtes pas seul.

Nous sommes quelques uns dans ce pays à nous souvenir que la liberté que nous avons durement construite au cours des quelque vingt derniers siècles est une conquête essentielle. Qu'elle commence par la liberté de pensée, la liberté d'opinion philosophique, politique ou religieuse, et la liberté de parole.

Vous n'êtes pas seul à constater combien l''influence du groupe de pression qui ne dit pas son nom, et qui a fini par obtenir votre mise à l'écart, s'installe et grandit, de façons spectaculaire depuis une dizaine d'années, et tout particulièrement dans les organes de presse audiovisuelle où elle exerce aujourd'hui sa dictature. Cela est bien naturel, puisqu'il s'agit de conditionner l'opinion publique par tous les moyens, à commencer par le choix du vocabulaire.

Et c'est bien de dictature qu'il s'agit, puisqu'elle en est à ne plus tolérer l'expression de quiconque s'écarte de la pensée unique.

Nous ne sommes pas paranoïaques, et nous savons très bien qu'il ne s'agit nullement d'une simple affaire de mode intellectuelle, passagère, mais bien d'un aspect du projet d'asservissement de notre pays aux décisions de l'empire étasunien, agissant de concert avec son allié sioniste.

A nous de ne pas consentir


Marc Haglund

Écrit par : marc haglund | 28.08.2008

J'ai signé cette pétition car nous avons besoin de médias qui donnent des points de vue divers et non pas uniques (dans le seul but d'aller dans le sens voulu par les grands dirigeants. Ces dirigeants qu'ils soient américains, français, ...ou israéliens cherchent à masquer leurs forfaits, leurs atteintes aux droits de l'homme, leurs atteintes au droit international, grâce à des médias qu'ils tentent de mettre à leurs ordres. La bataille de Monsieur Labévière vise à obtenir justice pour lui mais elle est aussi à situer dans l'opposition à cette tentative de mainmise accrue sur les médias.
Signez à votre tour la pétition où vous pouvez en plus vous exprimer !

Écrit par : Zimmer Alfred | 30.08.2008

je suis de coeur avec toi richard; tu n'as faitque exercer ton metier.du courage car la verite finira par triompher.in'cha allah.

Écrit par : mohamed lamine | 19.10.2008

Continuez Richard nous sommes nombreux à vous dire merci pour ce combat.

Écrit par : mohamed hatif | 22.10.2008

continuez Richard, nous sommes nombreux à partager votre combat

Écrit par : mohamed hatif | 22.10.2008

bon courage, on te soutient il reste peut de vrait jounalistes comme vous merci

Écrit par : ddd | 26.02.2009

Bonjour,
J'ai le plaisir de vous présenter ce nouveau roman qui traite de faits, hélas fort méconnus, et qui mériteraient d'être portés à la connaissance d'un large public, surtout celui qui reste sensibilisé au drame des Palestiniens.
Depuis des décennies, le Mossad a constitué à travers le monde un réseau de "sayanim" (volontaires juifs dévoués à Israël) pour l'aider dans ses activités d'espionnage et dans ses campagnes de propagande et/ou désinformation.
En France, ils seraient près de 3000, implantés dans tous les secteurs de la société: politique, parlementaire, économique, financier, universitaire, médiatique, artistique, touristique, franc-maçonnique, etc. Aucun domaine ne leur échappe.
"Le Printemps des Sayanim" (éditions l'Harmattan, avril 2010) jette une lumière sur certains de ces personnages, leurs façons d'agir, leur dévouement inconditionnel à Israël.
Il serait bon, presque d'utilité publique, que ces informations soient largement diffusées.
Je vous remercie d'y contribuer.
Jacob Cohen

Écrit par : cohen | 17.04.2010

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