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22/02/2012

Embargo pétrolier de l'Iran, ça fait mal aux pays européen !


Hier soir, à Rome où il suivait une réunion européenne des ministre de sa catégorie, sans doute très importante la réunion, où l’on parlait de pétrole, d’Iran et d’embargo, Juppé voulut bien répondre à une question sur le débat du moment d’EuroNews.net (ce 20 février 2012). La question portait sur l’embargo que l’Iran commence à distiller à l’intention des pays européens. L’embargo des Iraniens ? Ah là là, pas si vite… Sourire extrêmement finaud et péremptoire du ministre, que nous soulignons.

«L’Iran est très imaginatif en matière de provocations. Ce n’est pas l’Iran qui a décidé d’interrompre ses livraisons, c’est nous qui avons décidé d’interrompre nos commandes. Cela fait un petit peu sourire. D’autant que nos approvisionnements en Iran sont assez marginaux par rapport à l’ensemble de nos besoins. Et je le répète : c’est l’Union européenne qui a décidé d’un embargo sur les ventes de pétrole iranien..»

C’est un peu comme si le généralissime Gamelin, commandant les armées françaises, avait déclaré, au soir du 10 mai 1940, à la nouvelle de l’offensive allemande : “L’Allemagne est très imaginative en matière de provocation. Ce n’est pas l’Allemagne qui a décidé de partir en guerre, c’est nous qui avons déclaré la guerre à l’Allemagne. Cela fait un peu sourire…” En d’autres termes, l’embargo “préventif” de l’Iran est nul et non avenu, même s’il a lieu, parce qu’il y a l’antériorité de la décision qui joue, et bien entendu la vertu qui accompagne cette décision. Voilà ce qui s’appelle un raisonnement parmi “les plus intelligents de sa génération”. (On dira par ailleurs que cela ne mange pas de pain, vu la génération.)

…D’ailleurs, l’Europe a tout prévu, puisque c’est elle qui a tout décidé. Voyez la Grèce : effectivement, elle abandonne le pétrole iranien qui fait une part importante de son approvisionnement, ce qui n’est d’ailleurs pas vraiment un luxe puisque le paiement de ce pétrole passe par un établissement financier allemand (cela fait partie de la “solidarité” européenne) qui vient de décider qu’il arrêtait les frais (suite de la “solidarité” européenne). Comme prévu, la Grèce a un fournisseur de substitution, qui a annoncé qu’il prenait à son compte tout le manque à livrer consécutif à la cessation des livraisons de pétrole iranien : l’Arabie Saoudite.

Pour autant, la situation n’est pas triomphale, et les Grecs ont du mal à suivre le sourire de Juppé. Ils payaient (par l’intermédiaire des Allemands) les Iraniens, assez arrangeants à cet égard, à 60 jours fin de mois. Les Saoudiens ne l’entendent pas de cette oreille. A priori, pour eux, ce serait plutôt le paiement cash, rubis sur l’ongle ; et l’établissement financier allemand a encore moins de raison d’être là pour couvrir les frais. Par ailleurs, les Saoudiens, qui sentent qu’ils ont une assez belle main, avec beaucoup d’atouts, entendent avancer diverses autres conditions, qui feront regretter le partenariat iranien. Les Grecs annoncent qu’ils sont en crise, – une de plus.

Informé, Juppé sourit de plus belle, et commente, avec le ton de la plus intelligente autorité de sa génération  : “L’Arabie est très imaginative en matière de provocation…”.

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