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15/05/2012

Des palestiniens face à la barbarie d'Etat

La situation désespérée des détenus palestiniens en grève de la faim dans les prisons israéliennes suscite une certaine indifférence en Occident, où il est malvenu de critiquer le gouvernement israélien. Cela ne peut que nourrir des actions terroristes, prévient The Independent. (la suite ci-dessous)


Thaer Halaleh, 34 ans, a écrit une lettre à sa femme Shireen depuis une prison israélienne en février : "Ma détention a été renouvelée sept fois et je n'ai toujours pas été mis en accusation. Je n'en peux plus." Puis il a commencé une grève de la faim, comme Bilal Diab. C'était il y a 77 jours. Tous deux sont Palestiniens et pères de famille. Leurs filles sont fouillées au corps et terrifiées quand elles viennent leur rendre visite. David Rose, un journaliste d'investigation exceptionnel qui est lui-même juif, a récemment rendu leur histoire publique. Huit autres détenus ont adopté ce mode de protestation silencieux et dévastateur pour eux. Les yeux de Halaleh saignaient, du sang au lieu de larmes. Comme Diab et les autres, il sera peut-être mort au moment où vous lirez ces lignes. Le 11 mai, les juges de la Cour suprême de cette démocratie à l'orgueil démesuré ont rejeté une requête introduite par des associations de défense des droits de l'Homme demandant leur transfert dans des hôpitaux civils. Peut-être ne voulaient-ils pas que leurs propres citoyens soient témoins de ce genre de chose. Quel effet cela aurait-il sur l'image de ce courageux petit pays entouré de menaces réelles et imaginaires ?

Les fervents sionistes britanniques ne condamneront pas les responsables de cette barbarie d'Etat. Ce n'est pas avec ces hommes qu'on fera une série télé à succès, à l'instar de la série dramatique israélienne, Hatufim ("Prisonniers de guerre"), qui a inspiré la série américaineHomelandHatufim est basée sur l'histoire de la détention [du 25 juin 2006 au 18 octobre 2011] par des militants palestiniens du soldat israélien Gilad Shalit. Allez, les producteurs télé, pourquoi ne pas faire un film sur un beau Palestinien détenu par les Israéliens jusqu'à ce qu'il devienne fou ? C'est un "non" collectif que j'entends ? 

Les faiseurs d'opinion occidentaux sont indifférents, pour certains en toute connaissance de cause, à ce qui se passe. On n'entend pas de condamnations au Parlement [britannique]. La liberté d'expression est paraît-il essentielle mais ce droit n'est jamais évoqué quand il s'agit d'Israël. Le BNP et l'EDL [deux formations d'extrême-droite] peuvent répandre librement leur poison raciste mais la baronne Jenny Tonge se fait tirer dessus à boulets rouges par les sionistes et par son propre parti quand elle déclare qu'Israël "n'existera pas toujours dans sa forme actuelle." Elle vient de quitter les libéraux démocrates. Si elle avait tenu les mêmes propos concernant par exemple le Zimbabwe, elle aurait été acclamée.

Un grand nombre de juifs britanniques éclairés sont conscients de ce double standard et désapprouvent l'intransigeance d'Israël. Il doit être bien difficile de faire ce qu'ils font, de se comporter avec intégrité et de compatir avec ceux qu'on leur dit de haïr.

Les Palestiniens détenus sont embarqués dans une protestation pacifique à la Gandhi. Ils veulent que leurs familles puissent venir les voir sans restriction, des soins médicaux décents, ne pas être mis à l'isolement pendant des années et être traduits devant un tribunal et jugés. En quoi est-ce du "terrorisme" ? Pour les grévistes de la faim de l'IRA [armée républicaine irlandaise] en 1981 - et dix d'entre eux en sont morts - même les journaux les plus opposés à leurs idées ont publié des photos et nous ont informé sur leur situation, et la télévision a couvert leur parcours jusqu'à la fin. 

Pour ces détenus qui meurent lentement et les 5 000 autres qui sont détenus sans procès, il n'y a rien, nada. Je ne savais pas avant cette semaine que 700 000 Palestiniens avaient été emprisonnés depuis 1967. Ils n'étaient pas tous innocents mais ils n'étaient pas tous coupables non plus. Etre Palestinien, vouloir l'égalité, des droits, la liberté et une terre n'est pas un crime. Sauf pour les Israéliens purs et durs.

Israël est protégé des reproches car on craint que toute critique de ses agissements soit taxée d'antisémite. Certains antisémites se servent effectivement d'Israël comme couverture mais Israël utilise ce fait pour hurler à l'antisémitisme même en cas de critique légitime. Son gouvernement fait ce qu'il veut et revendique perpétuellement l'exception. Ses agissements les plus noirs échappent ainsi à tout examen. Cette fois-ci cependant, certaines personnes importantes commencent à comprendre que ces "martyrs" risquent de déclencher une autre intifada.

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