13.03.2011
De Tarnac à Tunis, tombeau pour une ministre
"Pour tout vous dire, à voir tous ces vieux dictateurs tomber, et à vous voir les suivre dans leur chute, j’en viens à souhaiter que vous ne soyez pas la seule à disparaître. Nous sommes lassés de voir depuis quarante ans les mêmes visages et les mêmes noms jouer au jeu des chaises musicales à la tête de l’Etat tandis que la souffrance sociale croit d’année en année. En attaquant les gens de Tarnac, vous m’avez rendu désirable l’insurrection qui vient, vous m’avez offert une vraie conscience politique. Soyez-en remerciée. A présent, je sais la différence entre des hommes, ou une femme, de pouvoir et ce que Hannah Arendt appelait une «vie politique»."
Pour tout lire :
http://www.liberation.fr/societe/01012323061-de-tarnac-a-...
21:47 Publié dans POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alliot-marie, tarnac, tunisie
24.02.2011
L'ami Tunisien de MAM accusé d'avoir transporté des mercenaires de Khadafi
Khadafi fait appel à des mercenaires étrangers pour mater avec une rare violence la rébellion des Libyens. A noter que ce procédé tait celui de la France du temps des colonies. Les soldats sénégalais étaient utilisés pour la répression en Algérie et inversement.
Journalisme d'investigation de Médiapart :
L’«ami» de MAM et Ollier est accusé d’avoir transporté des mercenaires de Kadhafi
Aziz Miled, l'homme d'affaires qui a fait monter Michèle Alliot-Marie dans son jet, est au cœur d'une nouvelle polémique. Sa compagnie est accusée d'avoir transporté des mercenaires à la solde de Kadhafi. Son directeur général s'en explique à Mediapart: «Ce n'était pas des mercenaires, ils avaient des mules aux pieds!». L'affaire illustre la proximité d'Aziz Miled avec la Libye de Kadhafi, ce régime que le ministre et compagnon de MAM, Patrick Ollier, a tant soutenu. ...
20:31 Publié dans EUROPE INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alliot-marie, khadafi, libye
21.11.2010
Un responsable du syndicat de la magistrature dénonce la pénalisation du boycott
BDS : UN RESPONSABLE DU SYNDICAT DE LA MAGISTRATURE DÉNONCE LA PÉNALISATION DU BOYCOTT D’ISRAËL
Qualifiant d’"attentat juridique" la circulaire envoyée par Alliot-Marie aux procureur pour qu’ils répriment le boycott d’Israël, Benoist Hurel, Secrétaire général adjoint du Syndicat de la magistrature, conteste la notion de "discrimination" dans le cas de la campagne de boycott contre les produits israéliens et estime "inadmissible" "l’instrumentalisation d’un texte qui visait à combattre le racisme, le nationalisme et le sexisme".
Tribune de BENOIST HUREL Secrétaire général adjoint du Syndicat de la magistrature, dans Libération :
"On a les victoires qu’on peut : Michèle Alliot-Marie a, il y a quelques mois, par une simple circulaire, commis un attentat juridique d’une rare violence contre l’un des moyens les plus anciens et les plus efficaces de la contestation des Etats par les sociétés civiles, à savoir le boycott. Le 12 février, la Chancellerie a eu cette idée extraordinaire selon laquelle tout appel au boycott des produits d’un pays n’était qu’une « provocation publique à la discrimination envers une nation », punie d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Le ministère demande aux procureurs de la République d’assurer une répression « ferme et cohérente » de ces agissements.
Soyons justes : la paternité de cette brillante initiative revient au procureur général de Paris qui avait, dans son rapport de politique pénale 2009, suggéré que « les faits de boycott ou de provocation au boycott peuvent s’analyser, selon les espèces, soit en une provocation à la discrimination, soit en une discrimination ayant pour effet d’entraver l’exercice d’une activité économique ». On peut rappeler les actions de ce type dans l’histoire : boycott du Royaume-Uni en 1930 initié par Gandhi contre la colonisation, boycott de l’Afrique du Sud dans les années 70 par les militants antiapartheid, boycott, à la même époque, par la communauté homosexuelle américaine d’une marque de bière qui refusait d’embaucher les gays ou, plus récemment, boycott des produits chinois par les soutiens de la cause tibétaine et des produits israéliens par les militants palestiniens… Pour l’ex-garde des Sceaux, il ne s’agit pas là d’entreprises de protestation et d’émancipation, souhaitables en démocratie, mais d’associations de malfaiteurs en vue d’attenter à la bonne marche du commerce, donc du monde.
La notion de discrimination ne peut s’entendre que d’une différence de traitement n’obéissant à aucun but légitime.Une action collective qui viserait à ne pas consommer de produits d’une entreprise parce qu’elle licencie ou délocalise sa production, ou d’un Etat parce qu’il maltraite ses minorités ne peut être qualifiée de discriminatoire, sauf à ôter aux consommateurs leur seul pouvoir, celui de ne pas de consommer n’importe quoi et n’importe comment. Que l’on se rassure : les Etats qui décideraient d’imposer un embargo à un pays étranger n’encourront pas les foudres de la loi pénale…
L’instrumentalisation d’un texte qui visait à combattre le racisme, le nationalisme et le sexisme est inadmissible, surtout lorsqu’elle vise à faire taire l’engagement citoyen. La circulaire en question, qui a su convaincre au moins un tribunal, constitue donc, pour la société civile, une régression d’une ampleur peu commune. Cette provocation s’est pour l’instant heurtée à un mur de silence. La pénalisation de la contestation est toujours une mauvaise nouvelle pour la démocratie. L’absence de contestation de la pénalisation, lorsque celle-ci ne répond à aucun autre objectif que celui de museler les peuples, n’en est pas une meilleure."
Benoist Hurel
http://www.liberation.fr/politiques/01012303092-il-est-de...
CAPJPO-EuroPalestine Publié le 20-11-2010
07:06 Publié dans POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : procès, boycott, muhouse, boycott68, alliot-marie, syndicat de la magistrature
06.03.2010
Qui incite à la haine et à la violence ?

Affrontements en Israël sur l'esplanade des mosquées.
Heurts violents à Jérusalem Est (occupé et annexé illégalement).
Nouveaux heurts à Jérusalem Est.
Afrontements dans la vieille ville de Jérusalem.
Nouvelle flambée de violence à Jérusalem.
Violents incidents à Jérusalem. etc etc.
Voici les titres de la presse en ce jour.
Ces affrontements font suite à l'annonce du premier ministre israélien de faire du tombeau d'Abraham (Hébron) et du tombeau de Rachel (Bethlehem) en territoires palestiniens occupés, un patrimoine historique d'Israël. Rappelons que le tombeau d'Abraham, lieu saint pour les pratiquants Juifs et Musulmans, est déjà coupé en deux par un mur (de verre), un de plus. (Comme matérialisme colonial le sionisme ne semble pas avoir hérité du message du jugement du roi Salomon!).
La politique israélienne, dans son refus total d'un compromis territorial (abandon de la colonisation) et de la paix , se condamne à la guerre et à la répression. Chaque décision qui impose la suprématie israélienne en territoires occupés au détrimenent des Palestininiens est une véritbale provocation¨.
Qui d'Israël ou des militants pour le respect du droit en-Palestine-aussi poursuivis en justice, incite à la haine et à la violence ?
18:25 | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : israël, boycott, bds, netanyahou, alliot-marie, fillon
21.02.2010
France Alliance du communautarisme, du sionisme et de la droite la plus réactionnaire
La ministre de la justice et garde des sceaux Michèle Alliot-Marie s'est rendue au Crif Bordeaux où elle a déclaré que les militants de la campagne BDS seraient pourchasés et appelle aux délateurs.
Extrait du discours de la ministre:
"Je veux cibler l’action de la justice sur la lutte contre les discriminations.
Je n’accepte pas que des personnes, responsables associatifs, politiques ou simples citoyens, appellent au boycott de produits au motif qu’ils sont kasher ou qu’ils proviennent d’Israël.
Je souhaite que le parquet fasse preuve de davantage de sévérité à ce sujet.
J’ai donc adressé une circulaire aux parquets généraux, leur demandant d’identifier et de signaler tous les actes de provocation à la discrimination.
J’entends que tous les auteurs d’actes soient poursuivis dès qu’ils auront été identifiés et notamment quand les appels auront été faits sur Internet.
A cet égard, je salue la détermination du parquet dans l’affaire de l’individu qui avait appelé au boycott de produits israéliens par voie d’affichettes dans un centre commercial de Mérignac.
Ses réquisitions ont été suivies dans la condamnation prononcée par le tribunal correctionnel de Bordeaux le 10 février dernier.
L’action du parquet de Bordeaux illustre ma détermination dans la lutte contre l’antisémitisme."
Il y a là en premier lieu, une ingérence de la politique dans la justice !
Pour plaire à la communauté juive elle n'a pas hésité comme l'avait fait le premier ministre, François Fillon, lors du dîner du Crif a proférer quelques mensonges :
1) le plus énorme : que les produits cashers étaient visés par la campagne de boycott, faux, archi-faux!
2) que les produits israéliens ..., comment sait-elle que ces produits sont israéliens?
3) que lutter contre cette campagne BDS c'est lutter contre l'antisémitisme alors qu'elle reconnaît dans le même discours que la politique israélienne en est un facteur : " Soyons lucides, la situation géopolitique au Proche-Orient n’a pas été sans conséquence sur les tensions au sein de notre société. - Je pense aux tensions qui ont accompagné l’opération « Plomb durci »",
4) elle omet de dire que le jugement de Bordeaux (affaire Sakina Arnaud) ne remet pas en cause le boycott,
5) elle omet de dire dans quel cadre s'effectue cette campagne de boycott et en particulier les discriminations des Palestiniens par Israël sur la base de l'origine religieuse et "ethnique", et la violation permanente du droit international, humanitaire et des droits de l'homme. A quoi servent ces mensonges?
Espérons que les droits de la défense ne seront pas sacrifiés à l'hotel du communautarisme, et que les affaires ne sont pas préjugées, comme cela semble être le cas. C'est notre démocratie qui est en jeu.
A Mulhouse, cinq militants sont l'objet de plaintes. Si vous en connaissez d'autres qui participent à cette campagne de boycott BDS veuillez les dénoncer à la police !
A lire : Israël et le mépris du droit par l'avocat Gilles Devers sur son blog "Actualités du droit"
Le 14 mars CAP A GAUCHE !
pour un renouveau démocratique et social
17:40 Publié dans .MULHOUSE ALSACE, Palestine centre du monde, POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alliot-marie, garde des sceaux, crif, bds, boycott, mulhouse, israël
19.02.2010
Crif : Lien entre lobby et pourvoir
Suite au dîner du CRIF, Esther Benbassa publie une tribune "le Crif, vrai lobby, faux pouvoir" dans Libération du 17 février dénonçant les dangers du communautarisme juif et la droitisation du CRIF particulièrement flagrante par la désignation de Gilles-William Goldnadel dans les instances de direction.
Mme Alliot-Marie, ministre de la justice et garde des sceaux, qui a soutenu Me Goldnadel dans ses poursuite contre des militants de la campagne BDS par une lettre qui figure à l'accusation, déclare lors de sa visite au CRIF Bordeaux cette semaine : « Le CRIF est un interlocuteur essentiel de l’Etat »
Il n'y a pas meilleure façon pour marquer le lien entre le lobby pro-Israël et le pouvoir et donner raison à Esther Benbassa, même si on l'imagine, cette visite et le discours où MAM enfonce bien les clous, a un but électoraliste.
Théo Klein, ancien président du CRIF, généralement classé à gauche, a répondu à Esther Benbassa.
Quelques étonnements de notre part :
- il semble considérer qu'Esther Benbassa pourrait ne plus être juive.
- il a peur que l'historienne se retrouve un jour seule, quand il y a 60 millions de Français.
- il avoue critiquer le CRIF également mais de l'intérieur tandis que pour l'extérieur, une unité de façade doit être la règle.
Théo Klein manifeste un communautarisme bâti sur la crainte de l'Autre et l'absence de confiance.
Le communautarisme et le nationalisme font la même erreur : croire que l'appartenance religieuse, ethnique, nationale, ... prime sur les convictions. Il y a pourtant moins d'éléments communs entre Esther Benbassa et Me Goldnadel malgré leur religion qu'entre ce dernier et M. Le Pen. L'intervention de Me Goldnadel sur l'identité nationale est reprise à bon escient par le site "François de Souche" ! dont le nom est tout un programme politique !
Dans le cadre d'une offensive israélienne contre le mouvement pour une justice globale, l'association dont Me Goldnadel est président porte plainte contre plusieurs militants de défense du respect du droit international par Israël. Une de ses plaintes concerne une militante du PCF du Mulhouse pour cet article.
14:13 Publié dans POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crif, alliot-marie, esther benbassa
05.02.2010
Fillon au dîner du CRIF : alliance des droites dures
Le dîner de CRIF qui s'est tenu hier soir révèle un malaise chez les Juifs et en France. Réaction courroucée de Marianne à ce dîner communautariste faussement républicain. (1) Déjà il y a 6 ans, Esther Benbassa s'insurgeait. (2) .
Ce n'est pas le communautarisme qui est le plus inquiétant, puisqu'il est minoritaire.
Ce dîner a surtout révélé une alliance entre des droites dures que ce soit dans la critique de la gauche dans son ensemble, les invités comme les non-invités, que dans l'attaque de militants des droits de l'homme. Par exemple, sur les militants de la campagne de BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) :
Le premier ministre a, en revanche, eu des mots très fermes pour condamner les «scandaleux mouvements de boycott des produits casher ou israéliens».«Je m'étonne du silence, voire de la connivence de certains responsables politiques vis-à-vis de ces démarches révoltantes», a -t-il ajouté. (3)
Il n'a pas à s'étonner d'un silence sur quelque chose qui n'existe pas.
Aucune organisation adhérente à la campagne BDS n'a appelé aux boycott de magasins tenus par des juifs à supposer qu'on sache qui tient quoi, ni les produits cashers, ni les magasins cashers. C'est du fantasme !
L'appel concerne les produits importés d'Israël dans des conditions qui les frappent d'illégalité soit parce qu'ils viennent de colonies illégales (la colonisation est un crime de guerre pour l'ensemble des pays adhérents à l'ONU), soit parce que l'absence de traçabilité ne permet pas de les identifier.
L'avocat Goldnadel :
"Ce qui a changé aussi, c'est l'avènement du nouveau pouvoir, qui a apaisé la communauté juive.
- Vous voulez parler de l'élection de Nicolas Sarkozy ?
- Oui. Je prends un seul exemple : je suis très engagé judiciairement dans la lutte contre le boycott des produits israéliens depuis le début, et c'est la première fois que je reçois des lettres de soutien du président et de la Garde des Sceaux." (4)
Va falloir que MAM s'explique !
Si la justice condamne des défenseurs du droit, il faudra qu'elle dise ce qu'elle attend d'eux. Qu'ils soutiennent la colonisation ? l'expulsion des palestiniens de leurs maisons ? leur assassinat ? la démolition de leurs maisons ? ... bref des crimes de guerre ? Comment allons-nous expliquer cela à nos enfants ?
00:25 Publié dans Palestine centre du monde, POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dîner du crif, fillon, goldnadel, sarkozy, mam, alliot-marie
09.07.2009
Jean-Marie Bockel juge qu'il est "un type correct"
[Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la justice] dément d’ailleurs les rumeurs de bisbilles avec sa ministre de tutelle : "Je suis très content, cela démarre plutôt bien. Michèle Alliot-Marie a un tempérament affirmé et elle sait que je suis un homme politique libre et indépendant, que je suis un type correct." Profession politique 2 juillet
Compte tenu que MAM est raide comme la justice et donc très droite, et toujours de droite d'ailleurs, je ne sais pas si elle peut juger correct un homme politique que l'opportunisme conduit à tituber de gauche à droite. Nous verrons.
01:44 Publié dans POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bockel, alliot-marie, mulhouse
24.03.2008
Sur le limogeage de Bruno Guigne pour ses propos "anti-israéliens"
Bruno Guigue a été démis de ses fonctions de sous-préfet à Saintes par la ministre de l'Intérieur, Mme Alliot-Marie.
Si Bruno Guigue a effectivement un rompu avec son devoir de réserve, les termes repris par la presse concernant Israël, qui lui sont reprochés, sont néanmoins exacts. Des snippers israéliens assassinent vraiment des enfants à la sortie des écoles, dans leur enceinte, ou partout ailleurs où ils jouent. Rappelons, ne faut-il pas?, que 750 enfants ont été tués depuis le debut de la 2è intifada en 2000.
Vrai aussi qu'Israël fait un usage « légal » et organisé de la torture. Il y a dans les geôles israéliennes plus de 11 000 prisonniers (en fait on ne peut même plus savoir exactement le nombre de prisonniers tant les rafles sont permanentes mais on estime qu'au moins 20% de la population palestinienne est passé par ces geôles), dont des enfants, des femmes dont certaines ont accouché en prison, et des personnes âgées. Des centaines de Palestiniens emprisonnés le sont sans motifs, on les appelle les « prisonniers administratifs », victimes de la loi de l'arbitraire. Israël contrevient aux Droits de l'homme et aux Droits de l'enfant qu'il a signé tardivement en 1996, de manière quotidienne.
Cependant Bruno Guigue va plus loin que les quelques éléments retenus par la presse et par la ministre de la justice pour le limoger ne le laissent supposer, dans l'article Quand le lobby pro-israelien se dechaîne contre l'ONU , qu'il publie le 13 mars sur le site Oumma.com en réponse à la tribune anti-onusienne des « intellectuels organiques » dans le monde du 27 février : L'ONU contre les droits de l'homme.
Il démonte la rhétorique des intellectuels sionistes dans leur attaque virulente de l'ONU. Il remet à sa vraie place le discours sur l'Islam et les états islamiques en rappelant que les Etats Unis soutiennent l'Arabie Saoudite, état religieux parmi les plus intolérants tandis qu'ils s'en prennent à l'Irak (1,2 millions de morts en 5 ans) et à la Syrie, pays occidentalisés et laïcs. (Aujourd'hui l'Irak se tourne vers l'Iran, les Etats Unis leur ayant montré sa face criminelle d'un peu trop près).
20:15 Publié dans POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Bruno, Guigue, Israël, ONU, sous-préfet, Alliot-Marie
01.01.2007
Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU par Bruno Guigue
publié le lundi 13 mars 2008 sur Oumma.com
Bruno Guigue
Le titre sans nuances de cette prose haineuse est déjà tout un programme : « L’ONU contre les droits de l’homme ». Dès les premières lignes, on peut y lire cet appel angoissé : « L’année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme par l’ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée ». Inévitablement le lecteur non averti s’alarme : l’organisation internationale serait-elle brusquement devenue suicidaire ?
Mais par bonheur la suite nous éclaire aussitôt sur les préoccupations profondes de nos signataires : « A Durban, en Afrique du Sud, s’est tenue en 2001 la conférence mondiale contre le racisme, à l’initiative des Nations-Unies. C’est au nom des droits des peuples que furent scandés des « mort à l’Amérique ! » et « mort à Israël ! » et c’est au nom du relativisme culturel qu’on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes ».
Quel rapport entre la géopolitique du Moyen-Orient, manifestement en cause dans les appels à combattre les Etats-Unis et Israël, et l’oppression des femmes que viendrait cautionner le « relativisme culturel » ? Probablement aucun. Mais amalgamer les deux sujets présente l’intérêt polémique de suggérer une pernicieuse concurrence entre les victimes : vous qui condamnez Israël et l’Amérique, vous ne dites rien de la souffrance des femmes opprimées dans les pays musulmans. C’est une antienne dont la rhétorique lobbyiste est coutumière : elle permet de détourner le lecteur occidental de la critique de la politique américaine ou israélienne en fixant son attention sur un problème interne des sociétés moyen-orientales.
Ce rapprochement polémique entre les deux sujets, pourtant, est particulièrement cocasse. L’Arabie saoudite, où le port du voile est obligatoire et les femmes interdites de conduite automobile, est l’alliée historique des Etats-Unis dans la région. Le régime obscurantiste des talibans, lui, a vu le jour sous les auspices d’une CIA qui a prêté ses camps d’entraînement sur le sol américain aux combattants du mollah Omar. En revanche, l’Irak et la Syrie baasistes, plus proches de la norme occidentale en matière de condition féminine, n’eurent pas droit aux mêmes égards. Le premier a été pulvérisé sous les bombes US, la seconde est rangée dans la catégorie des « Etats voyous ». Mais peu importe : les partisans de la politique américaine au Moyen-Orient se croient fondés à donner des leçons en matière d’émancipation féminine.
S’agissant de l’ONU, en outre, on ne s’étonnera guère d’un tel ressentiment de la part des porte-parole du néoconservatisme à la française. Car les résolutions du conseil des droits de l’homme, comme hier les déclarations de l’assemblée générale, ont osé mettre en cause la répression israélienne en Palestine occupée. Les 47 Etats élus par leurs pairs au CDH bénéficient de l’égalité de vote. La sensibilité qui s’y exprime reflète donc une opinion majoritaire qui n’a aucune raison de cautionner l’occupation militaire des territoires arabes. Que les thuriféraires d’Israël, cependant, se rassurent : ces résolutions demeurent symboliques à défaut d’être exécutoires. Mais ce n’est pas suffisant. Il leur faut aussi en stigmatiser le principe par un usage grossier de la calomnie.
C’est à quoi s’emploient rageusement les signataires. « Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s’y constituent, les discours qui s’y tiennent, les textes qui s’y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d’expression, légitiment l’oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales .. Le CDH est devenu une machine de guerre idéologique à l’encontre de ses principes fondateurs. Ignorée des grands médias, jour après jour, session après session, résolution après résolution, une rhétorique politique est forgée pour légitimer les passages à l’acte et les violences de demain ».
Symptôme d’une psychose paranoïaque ou monument de la démonologie occidentale : on hésite sur le diagnostic. La seule certitude, c’est que ce réquisitoire contre des forfaits inexistants témoigne d’une inventivité hors du commun. Le conseil des droits de l’homme de l’ONU voudrait « anéantir la liberté d’expression » ? On se demande bien pourquoi et comment. Mais nos interrogations demeurent sans réponse. Nos polémistes annoncent « la mise à mort de l’universalité des droits » par l’ONU elle-même, mais cette mort annoncée reste nimbée de mystère. Aucune citation des résolutions du CDH ne vient étayer cette accusation, et les détracteurs de l’ONU condamnent ses idées supposées avec une violence inversement proportionnelle aux preuves de ce qu’ils avancent. Visiblement, ils préfèrent parler à sa place en procédant directement au commentaire de ce qu’elle est censée avoir dit.
En guise de citations, on doit alors se contenter des propos résumés au style indirect, sans guillemets, qu’aurait tenus M. Doudou Diène, rapporteur spécial sur le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie auprès de l’ONU. L’intellectuel sénégalais aurait ainsi déclaré qu’« énoncer une critique contre le port de la burqa constitue une agression raciste, que la laïcité est ancrée dans une culture esclavagiste et colonialiste, et que la loi française contre le port des signes religieux à l’école participe du racisme antimusulman ». Seul problème : ces citations sont introuvables. Si chacun de ces énoncés soulève évidemment des objections, encore faut-il qu’il ait été formulé. Une polémique grossière sur des citations qui n’en sont pas : le procédé condamne ses auteurs.
Au demeurant, les seules citations que les idéologues publiés par « Le Monde » auraient dû produire à l’appui de leur propre thèse sont celles du CDH lui-même. Mais ils se gardèrent bien de le faire. Livrant leur interprétation tendancieuse en lieu et place de la pensée d’autrui, ils pérorent gravement en prenant leur fantasme pour la réalité : « La confusion est à son comble, affirment-ils, quand est dénoncée comme une attitude raciste toute critique de la religion ». Mais d’où vient cette idée ? Qui l’a émise ? Nul ne le sait. N’importe qui, en revanche, peut vérifier ce qu’a énoncé le CDH sur la question religieuse. Il suffit de consulter les compte-rendus officiels des six sessions réunies depuis sa création en juin 2006.
Le 30 mars 2007, le CDH a ainsi adopté une résolution « sur la lutte contre la diffamation des religions ». Ce texte nuancé insiste sur « le droit de chacun à la liberté d’expression, qui devrait s’exercer de façon responsable et peut donc être soumis à de restrictions, prescrites par la loi et nécessaires pour le respect des droits ou de la réputation d’autrui, la protection de la sécurité nationale, de la santé ou de la morale publiques, et le respect des religions et des convictions ». Sur le plan des principes, ce texte ne diffère guère du droit positif en vigueur dans la plupart des pays, les Etats occidentaux ayant eux aussi entouré l’exercice de la liberté d’expression de certaines limites juridiques. En France, la reconnaissance de la liberté d’expression n’entraîne aucun droit à diffamer son voisin, toute forme d’injure manifestant une discrimination raciale ou religieuse est punie par la loi, et certaines dispositions législatives ont même eu pour effet d’énoncer une vérité officielle sur des faits historiques.
Naturellement, la teneur de cette résolution du CDH n’est pas indifférente au contexte politique lié à la « guerre contre le terrorisme » menée tambour battant par Washington. « Le Conseil se déclare préoccupé par les images stéréotypées négatives des religions et par les manifestations d’intolérance et de discrimination en matière de religion ou de conviction. Il se déclare en outre profondément préoccupé par les tentatives visant à associer l’islam avec le terrorisme, la violence et les violations des droits de l’homme. Il note avec une vive inquiétude l’intensification de la campagne de diffamation des religions, et la désignation des minorités musulmanes selon des caractéristiques ethniques et religieuses depuis les événements tragiques du 11 septembre 2001 ».
L’adoption de ce texte s’est heurtée à l’opposition des pays occidentaux, mis en minorité lors du vote final. Aucun d’entre eux n’y a vu, toutefois, le danger mortel pour la civilisation universelle que dénoncent les signataires de notre pamphlet antionusien. Au nom de l’Union européenne, la représentante de l’Allemagne « a fait remarquer que, comme l’a établi le rapport de M. Doudou Diène, la discrimination fondée sur la religion ne concerne pas uniquement l’islam, mais également le judaïsme, le christianisme et des religions et croyances venues d’Asie, ainsi que des personnes sans religion. Elle a également souligné qu’il est problématique de séparer la discrimination fondée sur la religion des autres formes de discrimination. Elle a aussi jugé l’utilisation du concept de diffamation contre-productive, préconisant plutôt un texte axé sur la liberté de religion ou de conviction ».
Que ce débat témoigne d’une différence de sensibilité sur les questions religieuses entre pays membres de l’organisation de la conférence islamique (OCI) et pays occidentaux est une évidence. Cela méritait une réflexion sur la sécularisation relative des sociétés concernées et la référence, explicite dans les pays musulmans, à des valeurs religieuses. Mais cette réflexion n’effleura même pas l’esprit de nos intrépides signataires qui, faute d’avoir lu les textes auxquels ils font vaguement allusion, en dénaturent volontairement la signification. Refusant de discuter rationnellement les arguments de l’autre, on préfère le stigmatiser en imaginant une dramaturgie grossière mettant en scène des personnages réels. Ce théâtre de marionnettes, du coup, tient lieu d’argumentaire.
C’est ainsi que nos signataires s’en prennent violemment à Mme Louise Arbour, haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU. « Elle a participé à une conférence à Téhéran consacrée aux droits de l’homme et à la diversité culturelle, dénoncent-ils. Portant le voile, comme la loi de la république islamique l’exige, la haut-commissaire a été le témoin passif de l’énoncé de principes à venir, ainsi résumés : offense aux valeurs religieuses considérée comme raciste. Bien pire, dès le lendemain de cette visite, vingt et un Iraniens, dont plusieurs mineurs, furent pendus en public. C’est en sa présence que le président Ahmadinejad a renouvelé son appel à la destruction d’Israël ».
Encore une fois, l’art de l’amalgame intellectuel atteint des sommets. Mêlant tout et son contraire, le texte publié par « Le Monde » mise sur la confuse indignation du lecteur en anesthésiant au passage son jugement critique. Louise Arbour portait le voile à Téhéran, soit. Mais aurait-elle pu, en Israël, organiser une réunion pendant le shabbat ? Les régimes religieux ont des exigences que n’ont pas les autres. On peut le déplorer, mais ils sont chez eux. L’offense à la religion, dans certains pays, est considérée comme une forme de racisme. Faut-il que nous allions les convaincre du contraire, et de quelle manière ? La peine de mort, enfin, est cruellement appliquée en Iran. Mais les aspects odieux du régime de Téhéran ne le résument pas pour autant, et le régime saoudien n’a rien à lui envier. Surtout pas l’amitié des Etats-Unis, où un président texan a été élu sur sa réputation d’exécuteur intraitable des criminels supposés. Sans parler d’Israël, seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles.
Les diatribes iraniennes contre l’Etat hébreu relèvent, elles, d’un affrontement géopolitique dont l’un des principaux paramètres est l’attitude d’Israël lui-même. S’il avait appliqué la peine de mort aux civils palestiniens avec davantage de discernement depuis soixante ans, il n’aurait pas suscité un tel rejet de la part de ses voisins proches ou éloignés. Sous occupation militaire, amputés d’une partie de leur territoire, ou régulièrement bombardés par son aviation, ces derniers ont d’excellentes raisons de le détester. Mais peu importe. Décidés à instruire à charge contre Mme Arbour pour son séjour à Téhéran, nos polémistes incriminent « son silence et sa passivité », qu’elle aurait justifiés par « le respect de la loi iranienne et le souci de ne pas offenser ses hôtes ».
« Charbonnier est maître chez soi, commentent-ils. C’est le docteur Goebbels qui utilisait cet argument d’opportunité, à la tribune de la Société des nations en 1933, pour se soustraire à toute critique d’une institution internationale impuissante ». On croit rêver. Car, analogie pour analogie, frappante est la ressemblance entre le Reich qui s’assied sur la SDN en 1933 et l’Etat hébreu qui bafoue le droit international depuis 1967. Comme son lointain prédécesseur, Israël, lui aussi, se « soustrait à toute critique d’une institution internationale impuissante ». Et s’il le fait, c’est pour mieux conquérir « son espace vital, de la mer au Jourdain », selon la belle formule employée par Effi Eitam, ministre d’Ariel Sharon, en 2002.
« Les grands crimes politiques ont toujours eu besoin de mots pour se légitimer. La parole annonce le passage à l’acte », philosophent nos signataires. Ils n’ont pas tort : le 29 février, le vice-ministre israélien de la Défense Matan Vilnaï a brandi la menace d’une « shoah » contre les Palestiniens avant de lancer à Gaza la sanglante opération qui fit 110 victimes palestiniennes en une semaine. Quitte à enfreindre un tabou religieux, l’Etat hébreu, manifestement, a franchi un cap sémantique avant de déchaîner sa puissance militaire : il est passé « de la parole à l’acte ».
Mais le meilleur a été gardé pour la fin. « Les idéologies totalitaires avaient remplacé les religions. Leurs crimes, les promesses non tenues d’avenir radieux ont ouvert grande la porte au retour de Dieu en politique. Le 11 septembre 2001, quelques jours après la fin de la conférence de Durban, c’est bien au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l’histoire fut commis ». Lier dans une même trame le 11 septembre 2001 et les résolutions du CDH, il fallait oser. Il est vrai que nous avons affaire à des spécialistes.
« Retour de Dieu en politique », disent-ils. Nos intellectuels savent de quoi ils parlent : Israël n’est-il pas l’Etat confessionnel par excellence ? « Si la revendication d’un coin de terre est légitime, affirmait Theodor Herzl, alors tous les peuples qui croient en la Bible se doivent de reconnaître le droit des juifs ». Bibliquement établie, la légitimité d’un Etat juif en Palestine va de soi : le texte sacré tient lieu de titre de propriété. Pour les sionistes religieux, le retour des juifs en Eretz Israël est inscrit dans le récit de l’Alliance lui-même. Prendre possession de la terre que Dieu a donnée aux juifs fait partie du plan divin, et ce serait le contrarier que de renoncer à cette offrande.
Du coup, aucun compromis n’est possible avec les Arabes. En 1947, le grand rabbin de Palestine martelait le statut théologique du futur Etat juif : « C’est notre forte conviction que personne, ni individu, ni pouvoir institué, n’a le droit d’altérer le statut de la Palestine qui a été établi par droit divin ». Chef du parti national-religieux, le général Effi Eitam expliquait à son tour en 2002 : « Nous sommes seuls au monde à entretenir un dialogue avec Dieu en tant que peuple. Un Etat réellement juif aura pour fondement le territoire, de la mer au Jourdain, qui constitue l’espace vital du peuple juif ». Au moins, c’est limpide.
Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que le lobby pro-israélien exècre l’ONU : son appétence pour le droit international est inversement proportionnelle à son engouement pour le droit divin. Il est vrai que l’un est infiniment plus favorable au Grand Israël que l’autre. Percuter les résolutions de l’ONU avec la Thora relève de l’exploit intellectuel et du prodige politique : Israël l’a fait. Pour nos signataires, « c’est au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l’histoire fut commis ». Ce n’est pas tout à fait faux, à condition d’inclure dans l’analyse l’Etat hébreu, cet artefact colonial bâti au forceps sur les ruines de la Palestine au nom de la Bible et de la Shoah.
A propos de terrorisme, l’Etat d’Israël, qui plus est, peut se targuer d’un palmarès hors compétition. Les odieux attentats du 11 septembre 2001 ont fait dix fois moins de victimes que le siège de Beyrouh par Tsahal en 1982. Ses admirateurs occidentaux doivent certainement s’extasier sur les prouesses d’une armée capable de tuer aussi aisément des enfants avec des missiles. Ils doivent aussi se confondre d’admiration devant les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer durant le shabbat. L’Etat hébreu mérite bien ce concert de louanges que les intellectuels organiques lui décernent à longueur de colonnes. Et quelle outrecuidance, de la part de l’ONU, de vouloir fourrer son nez sale dans les affaires intérieures israéliennes !
A l’instar des pires calomnies, les accusations publiées dans « Le Monde » du 27 février se sont répandues sur la toile. Elles suscitent sur certains blogs des commentaires haineux que l’on ose à peine citer. M. Doudou Diène y est qualifié de « défenseur de la secte du pédophile fou et des adorateurs du caillou ». On y lit que « depuis les invasions musulmanes le croissant fertile est devenu le croissant stérile, et la civilisation a émigré en Occident ». Sur l’ONU, un internaute déchaîné résume à sa façon l’article publié par « Le Monde » : « l’ONU, c’est un ramassis de la racaille islamiste et tiers-mondiste ». Qu’attend-on pour supprimer l’ONU ? Ce sera encore plus simple. Islamophobie déclarée, haine du monde arabe, stupéfiante arrogance occidentale, tout y est. Opération réussie, mesdames et messieurs les intellectuels organiques.
Bruno Guigue est diplômé de l’Ecole normale supérieure et de l’ENA
Auteur de "Proche-Orient : la guerre des mots", L’Harmattan, 2003.
publié sur le site Oumma.com le jeudi 13 mars 2008 http://oumma.com/Quand-le-lobby-pro-israelien-se
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