23.11.2011
Finkielkraut un intellectuel emberlificoté
Dans une entretien, Alain Finkielkraut montre son désarroi. Comme les Staliniens français qui houspillaient ceux qui critiquaient le régime soviétique quant aux libertés et les traitaient d'anti-communistes primaires, Finkielkraut accuse d'anti-sémitisme la critique de la politique israélienne envers les Palestiniens. La résignation en plus, que les communistes n'avaient pas.
Paradoxe, alors qu'il pense que "le sionisme a échoué à normaliser la vie juive", c'est à dire à protéger les Juifs de l'antisémitisme, il offre son soutien indéfectibe à l'Etat qui incarne cette idéologie. Maso ?
Les critiques de la politique israélienne ne seraient pas à l'encontre de la colonisation et de l'occupation dont il se garde bien de parler, mais de l'antisémitisme pur, et éternel. En fait Israël est la victime du racisme alors qu'il procède à une épuration ethnique sans précédent dans la région.
Enfin, il voit en Israël un refuge pour les Juifs de la diaspora au cas où les Juifs seraient à nouveau persécutés. Bizarre, puisqu'il pense qu'Israël concentre l'antisémitisme d'une part, et que d'autre part, si à nouveau un nazisme embrasait le monde, Israël ne serait pas plus en sécurité que le reste du monde.
A propos du refuge que constiturait Israël, soulignons tout de même que c'est tout simplement un moyen de ne pas envisager la résistance.
Ce qui aveugle Alain Finkielkraut c'est la nature du lien "indéfectible" entre le sionisme et antisémitisme et c'est d'autant plus étonnant pour un intellectuel qu'il est très facile d'analyser l'idéologie sioniste ébauchée à grands traits par Hertzl.
Le sionisme a voulu crér "un Etat pour les Juifs" après une analyse erronée de l'antisméitisme qui s'est manifesté dans l'affaire Dreyfus : le monde est antisémite de manière irréductible a dit Herzl. Or il y a eu des défenseurs de Dreyfus et ils avaient gagné, Dreyfus avait été aquitté. Hertzl a donné raison aux anti-dreyfusards.
Pour survivre, pour continuer le projet de "un Etat pour les Juifs" alors qu'à peine la moitié des Juifs ont émigré dans cet Etat nouvellement créé pour eux avec l'aval des puissances de 1945, le sionisme a besoin de montrer aux Juifs qu'ils sont toujours menacés et il n'y a qu'une manière de le faire c'est de provoquer l'antisémitisme. Cela se fait par une politique irrespectueuse du droit des autres, pas seulement du droit des Palestiniens d'ailleurs.
Il est donc totalement illusoire de croire que le sionisme lutte contre l'antisémitisme uisqu'il en a fait son pilier idéologique !
Israël s'arroge le droit d'aller bombarder ses voisins (guerres du Liban, guerres aux Palestiniens) ou d'assassiner des Turcs de la flottille de la liberté, envisage d'attaque l'Iran, voire l'Egypte. Et il faudrait l'aimer et le soutenir ! Monsieur Finkeilkraut pense-t-il que seul Israël a le droit de se défendre ? Il est pourtant évident qu'un jour où l'autre Israël sera victime de sa propre politique, au nom du même principe du droit de se défendre. Pire, étant le bras armé des Etats-Unis, si un bloc de pays devaient se libérer des guerres américaines il s'en prendrait d'abord à Israël, les Etats-Unis étant protégés par deux océans. C'est ainsi qu'il faut entendre l'averissement de la Chine : "Israël n'a pas les moyens d'attaquer l'Iran". Cet avertissement n'est pas susceptible d'arrêter Israël, c'est bien là son problème..
Il est donc incompréhensible qu'un intellectuel, français ou juif peu importe, défende la politique d'un Etat qui est la cause de ses maux, alors qu'il devrait se concentrer vers la défense des droits des Palestiniens, seule manière de normaliser Israël et donc d'assurer sa sécurité. Finkielkraut ne le fait pas.
Nous Français défendrions-nous le Front National au prétexte qu'une critique extérieure serait une attaque contre la France ? Et bien Finkielkraut se sent obligé de défendre Israël voire "de l'aimer encore plus" sans jamais essayer de comprendre pourquoi Israël est critiqué, sans jamais vouloir en finir avec les causes de son isolement.
C'est dramatique car un jour, Finkielkraut "tombera de l'armoire". Cependant la solution des Israéliens risque de ne pas aller vers la chute du mur de Palestine, la réconciliation et la paix, mais vers une politique bien plus sale que celle qu'on a déjà vue et Finkielkraut se sentira encore plus victime de l'antisémitisme, encore plus malheureux. A moins d'un mouvement de libération comme en connaît le monde arabe. Encore faudrait-il qu'il y ait une conscience d'une aliénation, elle n'existe pas chez l'intellectuel Finkielkraut.
07:37 Publié dans Palestine centre du monde, POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : finkielkraut, israël, palestine, sionisme










