10.08.2008
Avec la guerre pour l'Ossétie du Sud les affaires sérieuses ont commencé
J'ai trouvé sur le net une analyse proche de la nôtre, sur la guerre ouverte en Ossétie du Sud. Ce n'est pas un site de mon courant politique mais il est spécialisé dans l'analyse de la stratégie étasunienne et de ses guerres. La vision virtualiste du monde par Bush et ses toutous occidentaux de droite comme de la Gauche atlantiste : Sarkozy et Kouchner affublé hier de cette mine déconfite qu'il le saisit quand les affaires ne marchent comme il voulait. Et de nous faire comme pour la Birmanie, le coup du "ce n'est pas le pétrole qui est en jeu mais la vie des gens" !!!
[...] Voici donc, ce même aujourd’hui, l’Ouest déchiré entre la nécessité de promouvoir l’apaisement dans un conflit où il devrait avoir la neutralité de la puissance extérieure mais influente, où il se trouve en réalité lié aux ambitions d’un bandit installé au pouvoir par les manigances américanistes, où il se trouve prisonnier de sa propre dialectique anti-russe que personne ne parvient à contrôler. Même la logique interne de sa politique absurde (soutenir la Géorgie contre la Russie) serait impossible à assumer par l’Ouest puisque sa puissance militaire de plus en plus réduite est totalement mobilisée par d’autres combats aussi vains. Il est rare de rencontrer une situation stratégique générale en plein bouleversement, autant caractérisée par l’absurdité et l’aveuglement, que celle de l’Ouest dans cette aventure. On finit par penser que Stratfor a raison: «The most important reaction will not be in the United States or Western Europe.» (Autrement dit: que “l'Ouest” aille donc jouer avec cette poussière, selon le mot de Montherlant.)
Les Russes ont décidé de riposter, y compris en Géorgie même. C’est pour eux à la fois une évidence et une obligation. Pouvait-on croire que la Russie accepterait sans trop s’agiter le coup de force d’un Saakachvili? A quoi pensent ceux qui conçoivent la politique occidentale? Disons la chose autrement: pensent-ils seulement et existe-t-il une “politique occidentale”? Dans cette affaire, la Géorgie a pris le rôle fameux de “la souris qui rugissait”, appuyée sur la certitude, elle-même alimentée par diverses agitations de groupes de pression US incontrôlés, à la fois de l’impotence russe et du soutien actif des USA. Ajoutons-y la finesse, également inspirée par ces mêmes groupes de pression, de lancer l’attaque le jour de l’inauguration des JO, selon l’idée que les Russes seraient paralysés par l’événement et laisseraient faire. Toute la construction de l’affaire, qui ne peut être réduite au seul Saakachvili mais qui ressort des “laboratoires de pensée” US délégués en Europe, repose sur la même perception virtualiste de la situation du monde, activée par des manipulations sans nombre prises pour des manifestations de la réalité.
Certains jugent que la Géorgie tient une place privilégiée dans la dynamique du Pentagone; ce n’est certes pas à la hauteur de la position d’Israël pour le Moyen-Orient mais c’est le même principe: constituer un foyer de puissance déstabilisatrice pour entretenir dans une vaste zone stratégique une tension permettant, paraît-il, aux intérêts du complexe de se placer. Cela va de la vente des armes (le BMDE) aux pipe-lines pétroliers et, bien entendu, à l’insécurité des frontières russes. Il s’agit toujours de la même mécanique déstructurante du désordre, ou de l’expansionnisme aveugle dont les effets menacent évidemment tout le continent (y compris l’UE) en y installant une tension permanente. L’impuissance conceptuelle des Européens à percevoir cette réalité est un phénomène d’une puissance et d'une persistance remarquables.
Avec l’affaire de l’Ossétie, on arrive au terme de la “politique” aveugle de l’Occident, consistant notamment à lier le destin de ses grands principes aux destins de quelques bandits locaux. On peut certes réagir en chantant les vertus de la démocratie, dont Saakachvili est un chantre avéré, par exemple sur une travée du stade olympique de Pékin, déguisé en dalaï lama. Cela ne suffira pas parce que la Géorgie est à la frontière de la Russie et qu’ainsi les affaires sérieuses ont commencé. http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=5335
Les articles du Canard68 sur le sujet Bush :faites ce que je dis pas ce que je fais et Bushisme et poutinisme ouvrent un front en Europe orientale
11:43 Publié dans EUROPE INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ossétie, bush, russie, georgie, ue
09.08.2008
Bushisme et Poutinisme ouvrent un front en europe orientale
Ces images de guerre nous parviennent généralement des pays arabo-mulsulmans où sévit l'idéologie néoconservatrice américaine dont l'objectif affiché était le remodelage du Moyen-Orient.
Aujourd'hui les néocons ouvrent un front en Europe orientale et c'est à tort que l'on nomme cette guerre "entre la Géorgie et la Russie". Condolezza Rice a d'ailleurs immédiatement pris position hier en demandant à la Russie de sortir ses troupes de la Géorgie.
Quel est le motif a qui a fait entrer les Etats Unis et la Russie dans une guerre ouverte sur le territoire européen ? L'Ossetie est coupée en deux territoires, l'Ossétie du Nord est rattachée à la Russie et l'Ossétie du Sud à la Géorgie. Les populations d'Ossétie du Sud, séparationnistes, veulent une réunification avec l'Ossétie du Nord et un rattachement à la Russie.
Le néoconservatisme mondial est passé du remodelage du Moyen-Orient à l'idéologie de la guerre pour la guerre. Pour la première fois depuis qu'il a gagné le pouvoir aux Etats Unis il rencontre brutalement le nationalisme russe, dans une guerre ouverte au sein même du territoire européen.
Si les peuples européens ont peu réagi aux guerres "contre le terrorisme" lancées par les Etats Unis et des pays européens, en proie à cette gentillesse qu'est le blairisme par exemple, ou cette stérile agitation sarkozyenne, ils vont découvir chez eux la vraie nature de cette idéologie et le triste sort qu'elle a réservé aux peuples arabes ou d'Asie centrale sera aussi celui des européens.
Le nationalisme n'est pas davantage une idéologie modèle de tolérance, et celui porté par Poutine ne dément pas l'histoire. Si aujourd'hui il prend la défense d'un peuple séparationniste, ne nous trompons pas pour autant sur la nature de son régime.
12:33 Publié dans EUROPE INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ossetie, géorgie, russie












